| Renand Luce-nouvel album "repenti"- vidéo" les voisines" |
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| 16-05-2007 | |
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Renan Luce préfère donc « aux voisins les voisines », et à en juger par son goût des rythmiques qui trottinent, galopent ou s’emballent carrément, il a peut-être appris la musique en regardant, deux trous découpés dans les draps, John Wayne sillonner la vallée, Charles Bronson rissoler pendant des heures au soleil ou Lucky Luke s’effacer à contre-jour sur l’horizons. Poor lonesome cowboy ? Sa chanson Repenti nous le confirme, et le goudron et les plumes de la pochette également, Renan Luce aime endosser des rôles plus grands que lui, sentir le frisson de l’aventure lui rebrousser les poils. Il aime aussi la poésie et la dérision, et puis chanter à sen faire dérailler la voix des petites histoires étonnantes à l’intérieur desquelles on se sent immédiatement à l’aise, cueillis toutefois par leur charmante virtuosité.
Mais revenons au western, puisqu’il se trouve que Renan Luce est originaire du Far West français, du Far Ouest si on préfère - de Morlaix pour être précis -, théâtre dune enfance tranquille et studieuse, souvent derrière un piano ou un saxophone. Dix ans de Conservatoire plus loin, ses envies le poussent hors des limites du classique. Son frère aîné poursuit une carrière de concertiste pendant que Renan Luce bifurque vers les musiques légères, troque le piano contre une guitare et, presque sans complexe, commence à écrire. Il a 17 ans, beaucoup d’illusions, mais il se rend compte assez vite qu’à trop tourner autour de son nombril, ses textes vont bientôt s’y noyer dans l’indifférence générale. Heureusement, il y a Georges Brassens, finalement le seul chanteur country français. Cette découverte encourage Renan Luce à peaufiner ses chansons qu’il envisage désormais concises, érudites, un peu loufoques et surtout très libres. Tout s’éclaire subitement du jour où il décide de se mettre à distance raisonnable de ses histoires. En premier spectateur, il s’étonne de leurs audaces, de leurs tournures folles, du sourire jamais facile qu’elles ont le pouvoir de faire éclore et aussi des petites émotions qu’elles transportent comme une précieuse offrande. Depuis qu’il laisse son imaginaire s’écarquiller au fil de la plume, il ne connaît plus l’angoisse de la feuille blanche, il lui arrive en revanche de se mettre à sa place (Je suis une feuille), où de tomber amoureux sans honte d’une femme de « lettre » qui ne lui était pas destinée. Usurpateur d’identité occasionnel pour les besoins narratifs de ses chansons, Renan Luce possède en revanche une forte personnalité d’auteur-compositeur qui rénove d’anciens canons de la chanson folk made in France (Le Forestier, Moustaki, Dick Annegarn) en leur faisant croiser ses héritiers récents les plus turbulents (Thomas Fersen, Albin de La Simone). Il a 26 ans aujourd’hui, il a déjà écumé des scènes aux capacités extrêmes des bars borgnes à trois tables jusqu’au Zénith, en première partie de Bénabar. L’an dernier, il a proposé un rendez-vous dominical pendant trois mois dans un théâtre parisien pour y rôder un répertoire dont on commence, ici et là, à louer l’originalité, la subtilité mais également la manière unique dont la voix de Renan Luce le transporte. Tout récemment, il a reçu une première distinction lors du très réputé festival Alors chante ! de Montauban, d’où il est reparti lesté du prix le plus convoité : celui du public. Pour son premier album, Renan Luce na pas simplement cherché à reproduire une formule déjà validée sur scène. On en retrouve certes les ingrédients de base les guitares, la contrebasse, l’orgue mais également une vaste palette d’instruments, de sons, d’écumes et d’atmosphères qui embrasent certaines chansons, en dégoupillent d’autres, surprennent toujours par leur variété de timbres et de rythmes. Jean-Louis Piérot à la réalisation et Bruno Dejarnac à la prise de son et au mixage furent à ce titre des partenaires déterminants pour mettre un peu d’ordre dans les idées de Renan Luce, lui qui cherchait notamment à retrouver les sensations chaleureuses de certaines productions folk des années 60-70. A écouter Lacrymal circus et son bastringue distingué, on reconnaîtra l’empreinte lointaine de Tom Waits, tandis que I was here possède quelque chose de Dylan que peu de français avaient réussi avant lui à capturer. Scénariste pétri d’empathie pour sa petite comédie humaine dont chaque personnage possède sans doute un peu de son ADN de Monsieur Marcel, le fossoyeur narcoleptique jusqu’à l’insomniaque de Nuit blanche - Renan Luce s’autorise un seul autoportrait frontal, le temps du voluptueux et tentaculaire Mes racines. Cette fois, il donne sans doute rendez-vous du côté de chez Ferré, surtout pour cette façon d’être épique sans jamais tomber dans l’emphase. Ce « savoir doser », cette façon d’oser aussi des formes musicales nouvelles pour chacune ou presque de ses chansons - avec toutefois une tonalité d’ensemble aérienne et acoustique , cette écriture saillante, déjà unique, font que Renan Luce en impose d’emblée. « Cherche regard neuf sur les choses » dit L’iris et la rose, la dernière chanson de son premier album. Ne cherchons plus. Le clip est plus qu'un clin d'oeil à "fenêtre sur cour" d'Alfred Hitchcock. Parlons plutôt d'un hommage ou d'une référence. Ayant découvert sur notre cher ami youtube, la version vidéo hitchcockienne de la vidéo. Je ne peux que vous encourager à la visionner ci-dessous et à voir ou à revoir ce film de 1954 qui ne prend pas une ride.
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| Dernière mise à jour : ( 17-05-2007 ) |
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Tout commence comme un western en chambre, une chevauchée apprivoisée, une sombre et drôle histoire de voyeur racontée, caméra subjective au poing, par l’homme qui nous intéresse ici. 






